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 La situation des femmes à travers le monde

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Miss Kitty
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MessageSujet: La situation des femmes à travers le monde   Lun 22 Nov 2010 - 13:23

Je vous propose de parler ici de la situation de la femme et de ses droits à travers le monde (enfin, surtout des pays où elle n'en a pas).

Vivre dans l'ignorance, c'est loin de les aider, et je pense qu'elles méritent bien qu'on en parle.
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Lun 22 Nov 2010 - 13:24

Précision importante : je ne suis pas l'auteure des textes cités. J'ai rassemblé quelques informations trouvées, qui me semblent sérieuses, et je cherche à les faire connaître un peu par ici, en essayant de réduire le tout de manière claire/concise pour faire connaître un peu leur situation.

Vous retrouverez les sources dans chaque post.

+ PARTIE 1 : LE CAS DU YEMEN +




Le Yémen est, plus spécifiquement dans le cas des femmes, l'un des cas les plus préoccupants en ce qui les concerne. Il est l'un des derniers pays à avoir refusé de signer la Convention pour l'Elimination de toutes formes de Discrimination à l'Egard des Femmes, et le pays néglige ouvertement et sans scrupule sa population féminine.

Citation :
Âge minimum pour marier les filles : 15 ans (dans la réalité des faits, ce chiffre est abaissé à 12 ans), par la seule volonté du père de famille.

La législation yéménite et les pratiques tribales et coutumières classent les femmes dans une catégorie de citoyens inférieure.

Les femmes yéménites ne sont pas libres d'épouser l'homme qui leur convient. Certaines sont encore des enfants, parfois âgées de huit ans seulement, lorsqu'on les contraint à se marier.

Voilà l'une des raisons principales du fort pourcentage d'illettrisme rencontré chez les jeunes filles à partir de 10 ans. Elles sont obligées de quitter le circuit scolaire pour "se rendre utiles aux travaux de la maison" en vue de faire une bonne épouse ! Ainsi, elles sont sous-représentées à tous les niveaux de la vie sociale et politique et ne constituent pas une force suffisante pour espérer faire changer les lois qui leur sont discriminatoires. Certaines de ces lois stipulent que la femme doit absolument obéir à son mari. Elle doit vivre avec lui à la place qui lui a été accordée dans le contrat de mariage, elle doit "consommer" le mariage et ne pas quitter la maison sans le consentement du mari.

Toutes les lois favorisent de manière évidente une domination patriarcale sans borne. La conséquence la plus tragique de cette domination est, bien entendue, la violence et les abus sexuels qui sévissent dans beaucoup de foyers. Une violence qui se termine parfois par une infirmité ou par un meurtre, lorsqu'il ne s'agit pas d'une tentative de suicide qui aboutit... Les auteurs de ces exactions ne sont que très rarement ennuyés par la justice qui minimise ces faits.

Les conditions de détentions dans les prisons de femmes sont tragiques : elles y restent parfois des années sans être jugées. Et même lorsqu'elles le sont et qu'elles ont purgé leur peine, elles ne sont pas relâchées pour autant. Certaines des détenues ont des enfants en bas âge ou même accouchent en prison. Leurs enfants sont obligés de rester avec elles, incarcérés et ne sont pris en charge par aucun système social qui pourrait les aider.

Eléments à souligner :

  • Une fois mariée, une femme doit obéir à son époux et obtenir son autorisation pour la moindre sortie.

  • La Constitution du pays place les deux sexes sur le même pied d'égalité. Et pourtant, le code pénal du pays autorise un mari à tuer sa femme si elle se rend coupable d'adultère. Mais pas l'inverse évidemment.

  • Devant un juge, le témoignage d'une femme vaut deux fois moins que celui d'un homme ; l'indemnité perçue par la famille d'une victime de meurtre varie du simple au double selon qu'il s'agit d'une femme ou d'un homme.

  • L'égalité de traitement n'est pas assurée en matière d'héritage, les femmes se voyant souvent spoliées de tout droit à la succession.

  • Les femmes accusées d'actes « immoraux » sont sanctionnées plus sévèrement que les hommes, et ces derniers ont droit à l'indulgence lorsqu'ils tuent des femmes de leur famille pour des questions d'« honneur ».

  • Ces lois et pratiques discriminatoires encouragent et favorisent les violences contre les femmes, qui sont monnaie courante au sein des familles et dans l'ensemble de la société.

  • Les études de la situation des femmes au Yémen, assument, la pauvreté, l'analphabétisme, les coutumes sociales, la responsabilité à exercer la violence contre les femmes yéménites.



Les chiffres clés :

  • Le taux de mortalité infantile est de 105 pour 1000 naissances.

  • Seulement 30% des filles suivent une scolarité. Ce qui signifie que 70% ne connaîtrons jamais un banc d'école.

  • La violence domestique concernait 20% des femmes yéménites en 1997.

  • Le taux de tentatives de suicides chez les femmes en 1997 atteignait 41,7%.

  • Les meurtres prémédités de femmes atteignaient 35,1% en 1997.

  • Les enquêtes révèlent que des armes sont souvent employées dans les cas de violence domestique à raison de 54,7%.

  • Les femmes représentent 20,2% de la totalité des travailleurs. 50% sont employées dans le secteur de l'agriculture.

  • 2008 : Des résultats d'une étude de terrain sur le phénomène de la violence domestique dans la société yéménite, ont montré la proportion de femmes qui souffrent de la violence du mari ou d'un membre de la famille masculine est élevée, dont le sont 67 % des femmes à la violence de la part de leur mari, et 30 % par leurs frères et 17 % de la part des parents.

  • Une étude menée dans le gouvernorat d'Aden, sur un échantillon de 43 femmes, a montré que la catégorie de travailleuses dans le secteur public, est la catégorie la plus élevée souffrant de la violence en proportion de 56,6 % et en deuxième rang, la catégorie des analphabètes par 43,4 %.

  • 2009 : Selon un rapport publié récemment par un Centre d'études et de recherches sociales, à l'Université de Sana'a, indique que 52 % des filles yéménites se sont mariées à moins de 15 ans, au cours des deux dernières années, comparativement à 7 % des hommes.

    Par contre, la proportion de mariages des filles mineures atteint 65 % du mariage, dont 70 % dans les zones rurales.


Les avancées :

Les droits des femmes ont enregistré quelques avancées ces dernières années, avec par exemple la création en 1996 de la Commission nationale des femmes, institution quasi gouvernementale, et la nomination en 2001 d'un secrétaire d'État aux droits humains qui a accédé en 2003 au statut de ministre.

De plus, le gouvernement a noué un dialogue avec des organes intergouvernementaux et a remis des rapports au comité des Nations unies chargé de veiller à l'application de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, à laquelle le Yémen est partie.

Surtout, les femmes elles-mêmes ont participé à la création d'une société civile dynamique, et des actions menées par des organisations non gouvernementales (ONG) de femmes en faveur de réformes ont rencontré un certain succès. C'est ainsi qu'en 2009 le gouvernement a abrogé l'article 3-1 de la loi sur la nationalité de 1990 afin d'autoriser les enfants nés d'une mère yéménite et d'un père d'une autre nationalité à prétendre à la nationalité yéménite.

Il faut malgré tout entreprendre sans tarder d'autres réformes. Amnesty International plaide en faveur de l'élimination des lois discriminatoires et des violences à l'égard des femmes, ajoutant sa voix à celles des femmes yéménites qui demandent à pouvoir jouir pleinement de leurs droits humains, en toute égalité.



~*~*~

Pour les conseils de lecture, je vous recommande le livre "Vendues", qui raconte l'histoire de Zana Muhsen, une jeune fille anglaise qui, en 1980, se retrouve embarquée par son père Yéménite avec sa petite soeur et elles finissent toutes les deux vendues à des Yéménites. Mariées de force, obligées d'avoir des rapports, violentées, battues, et elles y sont restées des années (d'ailleurs, sa petite soeur s'y trouve toujours et elle a 8 ou 9 gosses à l'heure d'aujourd'hui...). La phrase de conclusion à son livre :

A celle qui vient de lire mon histoire et qui va refermer ce livre, je dis : "Ne le referme pas sur l'oubli. Aide-moi. Laisse résonner dans ta mémoire ce cri qui est le mien et celui de tant d'autres femmes."


~*~*~

Photos de femmes du Yémen : http://www.yemen-photo.info/thumbnails-5.html

Rappelons qu'il y a beaucoup de chemin à parcourir, y compris du côté des femmes... Une vidéo abbérante sur les femmes au Yémen, qui manifestent *contre* une loi interdisant le mariage des jeunes filles mineures No


Visionner sur Youtube

Plusieurs milliers de femmes ont manifesté dimanche 21 mars devant le Parlement à Sanaa à l'appel des milieux islamistes et conservateurs contre un projet de loi fixant l'âge minimum du mariage au Yémen. Dans la foule, de rares militantes féministes tentent de faire entendre leur soutien à cette loi controversée.


Les sources :

http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/report/yemeni-women-face-violence-and-discrimination-20091125

http://www.fraternet.com/femmes/art40.htm

http://www.sabanews.net/fr/news190482.htm

http://www.tsrdecouverte.ch/13-16/dossiers/all/yemen/yemen-femmes


Dernière édition par Miss Kitty le Mer 13 Mar 2013 - 23:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Lun 22 Nov 2010 - 19:02

ça me rend mal à l'aise tout ça,je savais que ça existait mais pas ou...mais je comprend pas d'ou vient cette ''culture'' que la femme n'est pas a égal à l'homme et d'ou vient l'appelation ''sexe fort'' ''sexe faible'' ...pour moi c'est assez flou et surtout illogique...
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Lun 22 Nov 2010 - 20:54

Oui, c'est malheureux de voir ce qui se passe dans certains pays, et le Yémen est de loin l'un des plus horribles dans ce domaine...
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Mar 23 Nov 2010 - 23:49

J'ai tout lu hier soir mais j'avais pas le temps de répondre. Ça m'a beaucoup touchée ce post car j'imaginais pas la situation aussi grave. Disons que je savais en gros mais sur certains détails j'ai été estomaquée. Je n'ai pas grand chose à ajouter à part que je suis profondément dégoûtée mais si tu veux mettre à jour le topic (je vois "partie 1" donc je suppose qu'il y a une suite Laughing ) je le lirai avec grand plaisir ! Et merci de partager ça. J'ai appris beaucoup de choses.

Il faudrait que je le lise ce bouquin : Vendues. A chaque fois j'oublie ! Tu l'as lu, toi ?

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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Mer 24 Nov 2010 - 0:30

Je t'en prie Hug Je suis pas une spécialiste du sujet à mon grand regret, mais je fais tout pour y palier, pour apprendre, j'essaie de grapiller des infos partout où je peux et je pense même que j'irais voir si il n'existe pas une association à laquelle je pourrais me joindre, parce que ça m'intéresse énormément, bien que le sujet ne soit pas joyeux. Honnêtement, si j'étais amenée à travailler là dedans, bah, ça me plairait vraiment, je me sentirais utile. Mais faut voir ce qu'il y a...

Bref, tout ça pour dire que c'est un sujet qui me tient extrêmement à coeur, d'où ce petit "dossier". Et oui, ce n'est que la première partie, je compte faire un peu tous les pays qui, à ma connaissance, ont de gros soucis de ce côté là. Je me dis qu'en parler un peu, c'est mieux que de ne rien faire, et ça permet d'informer les gens.

Alors, pour "Vendues", je te le recommande fortement. J'avais ouvert le sujet ici : http://crash-on-sunnydale.forumactif.com/livres-f31/vendues-t3469.htm

Mais je me rends compte que je n'avais pas laissé mon avis. Franchement, il est vraiment très, très bien. On ne s'ennuie pas une seconde et on en ressort profondément marquée par le récit de cette femme, par ce qu'elle a vécu, c'est juste une horreur. On est vraiment plongés en plein dans la vie au Yémen, c'est très instructif.


***

Oh et tout à l'heure, j'ai trouvé ceci sur la Chine :

Citation :
A Hongkong, une femme peut tuer son mari adultère, la loi l'y autorise, mais elle peut le faire seulement à mains nues.

Est-ce que c'est pas, genre, le truc le plus stupide qui soit ? Laughing
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Mer 24 Nov 2010 - 15:56

autant dire qu'elle peut pas vu que il y a peu de personnes qui oseraient tuer quelqu'un a main nue ...
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Mer 24 Nov 2010 - 21:24

Ah oui c'est vrai que tu avais ouvert un topic sur le bouquin ! Je vais vraiment tenter de le lire très prochainement.

Je pensais comme toi, trouver une association, pas forcément sur ça précisément, enfin je sais pas mais y a moyen de donner un peu de soi pour aider...

Franchement la loi pour tuer à main nues, mais n'importe quoi Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Mer 8 Déc 2010 - 0:20

Allez, un cas un peu plus connu, celui de l'Iran. Comme c'est dit très justement dans l'une des vidéos postées plus bas, l'Iran est assez schyzophrénique à ce niveau là. Ils regardent des séries américaines, sont en constante progression (l'alphabétisation des femmes...), et parallèlement, l'Iran durçit ses lois. C'est assez particulier actuellement. Mais la société se féminise beaucoup, c'est une révolte qui vient de l'intérieur ^^

+ PARTIE 2 : LE CAS DE L'IRAN +



La condition des femmes dans la société iranienne a connu de nombreuses évolutions au cours de l'histoire, depuis l'égalité complète ou presque avec l'homme dans la mythologie ou aux temps préislamiques, la perte de leur indépendance durant la période islamique, le début de leur émancipation avec la révolution constitutionnelle, les grandes modernisations de l'ère Pahlavi, et enfin l'avènement d'une théocratie en Iran en 1979. Certaines de l'importance de leur place dans la société, des femmes s'impliquent dans le combat pour l'amélioration de la condition féminine et la reconnaissance de leurs droits par la république islamique. L'attribution du prix Nobel de la paix en 2003, à Shirin Ebadi, souligne l'importance d'un militantisme féminin qui inclut des femmes de toutes origines ethniques, et de tous points de vue religieux. Les femmes ont ainsi fait leur entrée dans les secteurs politiques, économiques, sociaux et culturels de la société.


~*~*~

En 1998, le conseil supérieur de la révolution culturelle en Iran, sous la présidence de M. Muhammad Khatami, a examiné le rapport soumis par la commission d'étude de l'adhésion de l'Iran à la Convention pour l'élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes. Il a été décidé que la République islamique n'adhèrerait pas à la convention…

Cette décision nous renseigne sur les réelles intentions des dirigeants iraniens en ce qui concerne l'évolution de la condition de la femme dans leur pays. En effet, si nous pouvons lire, par-ci, par-là, que le parlement, sous l'impulsion du président Kathami, a présenté et adopté de nouvelles lois en faveur des femmes iraniennes, la volonté de les appliquer est inexistante. Surtout si, parallèlement, d'autres lois viennent accroître la discrimination à d'autres niveaux de la vie sociale.

Je ne parle pas du port du voile obligatoire, institution religieuse renforcée par le nouveau "plan de développement de la culture de la chasteté" et qui rend passible de plus importantes représailles les femmes qui manqueraient à cette loi. Les peines encourues sont la détention et la punition par flagellation, dont le nombre de coups de fouet est laissé à la discrétion du gardien de police qui aura jugé du mauvais comportement de la femme ou de sa tenue vestimentaire négligée.

En fait, le système tolère fréquemment la discrimination à l'égard des femmes et même certains membres de la classe dirigeante incitent à la violence en cautionnant cette forme de conduite discriminatoire ou tout au moins en ne la pénalisant jamais.

La discrimination contre les femmes en Iran se rencontre un peu partout dans les différentes classes de la société. Outre le fait qu'elles n'ont pas la même facilité d'accès à l'éducation et la scolarisation que les garçons, leur admission dans un hôpital pour recevoir des soins est problématique. Ainsi, le parlement iranien a adopté une loi sur "l'islamisation" des services médicaux qui ouvre notamment la voie à une séparation des sexes dans les hôpitaux et une différence de qualité de soins.

D'autre part, une campagne d'intimidation à l'égard de la presse s'est développée en stipulant que quiconque défendrait de façon illégitime les droits des femmes serait passible de l'annulation du permis de publication. Et lorsque l'on connaît le nombre considérable de rédacteurs en chef, soit incarcérés, soit exécutés pour avoir écrit des articles reconnus "diffamatoires" à l'égard de la loi islamique, nous pouvons craindre que la femme se retrouve totalement privée de ses droits.

A 9 ans, l'iranienne devient une femme. C'est la loi qui en décide ainsi. Quelles en sont alors les conséquences ? Prête à être mariée, la fillette devient la convoitise de mollahs âgés qui, souvent après avoir abusé d'elle sexuellement (certaines de ces fillettes se retrouvent à l'hôpital avec les organes génitaux mutilés car non encore épanouis), la revendent à d'autres mollahs et ainsi de suite... L'acceptation du " mariage provisoire " par la législation actuelle donne libre cours à cette forme d'abus. Une véritable exploitation sexuelle sous le couvert du mariage a lieu sans que le parlement ne s'en inquiète. Il n'est pas rare que la domination soit telle que la relation entre un homme trop âgé et une jeune fille se termine par le meurtre de celle-ci...


(Par : http://www.fraternet.com/femmes/art19.htm )


Des chiffres à retenir :


  • L'article 1210 du code civil fixe l'âge de la puberté à 9 années lunaires ( 8 ans et 9 mois solaires ) pour les filles.

  • Des milliers de fillettes iraniennes sont contraintes à se marier à des fins d'exploitation sexuelle, même avant l'âge de 9 ans et parfois à plusieurs reprises pendant un délai très court.

  • Un père ayant 7 filles à charge a reçu 300 dollars comme compensation pour donner son autorisation au mariage d'une de ses filles.

  • Certaines populations pauvres vendent leurs fillettes 33 dollars. D 'autres, vendent des fillettes de 8 à 10 ans 4 dollars pour se payer de la drogue.

  • Près de 90% des mariages qui se terminent par des assassinats sont ceux qui concerne les couples où la différence d'âge est considérable.

  • La législation iranienne comporte des dispositions prescrivant l'emprisonnement jusqu'à 12 mois, des amendes et la flagellation pouvant aller jusqu'à 74 coups de fouet pour des infractions relatives au code vestimentaire.



Image d'une femme iranienne qui a été comdamnée au fouet (ATTENTION, L'IMAGE PEUT-ËTRE CHOQUANTE pour les âmes sensibles) :

Spoiler:
 


Article qui retrace l'histoire des droits de la femme en Iran :

Citation :
La journée internationale de la femme a pris cette année en Iran un sens particulier tant la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad a renvoyé les femmes iraniennes vers l'aggravation que connaissent leurs conditions et les restrictions incessantes qui s’opposent à elles chaque jour un peu plus.


Intimement liée aux valeurs humanistes auxquelles se rapportent les idéaux démocratiques du Mouvement vert, l'égalité des droits entre hommes et femmes que réclament les Iraniennes, et même nombre de leurs compatriotes masculins, s'est illustrée par leur présence massive en première ligne des manifestations qui ébranlent la République islamique depuis dix mois maintenant.

Symbole de cette jeunesse éprise de liberté, la jeune Neda Agha-Soltan, tombée au mois de juin dernier sous les balles des miliciens du régime, a donné aux manifestants le visage qu'ils se voulaient. Belle, souriante et sensible, Neda est à l'image de cette jeunesse iranienne qui, sans distinction de sexe, de croyance et d'origine, a entrepris de renverser tous les obstacles que les lois archaïques de la République islamique ont, toujours par la force, imposées.

Le combat féministe est né en Iran au lendemain de la victoire de la Révolution islamique sur le régime du Shah. Promettant pourtant de ne jamais imposer aux femmes la moindre discrimination, l'Ayatollah Khomeyni s'est empressé dès son arrivée en Iran de restreindre la condition féminine pour ne la mettre qu'au service des hommes. C'est ainsi qu'il y a tout juste trente et un ans, le 8 mars 1979, des milliers de femmes s'étaient rassemblées à Téhéran pour protester contre ces restrictions dont elles allaient être dès lors victimes.

Cette réalité contraste avec celle que connurent les femmes sous le règne des rois Pahlavi. "J'eus l’impression que le Shah couronnait toutes les femmes d'Iran" déclara après son couronnement en 1967, l'Impératrice Farah qui, à cette occasion, devint la première femme à acquérir dans un pays musulman le droit de régence dans le cas où le roi venait à disparaître avant la majorité légale du Prince héritier.

En 1936 déjà, Reza Shah entreprenait la mise en place d'un système éducatif mixte et permit l'accès des femmes aux universités. Avec la "Révolution blanche" engagée dès 1963 par son fils Mohammad-Reza Shah, les femmes acquirent le droit d'éligibilité et le droit de vote. En 1967, la "Loi de protection de la famille" constitua un progrès substantiel dans l'émancipation des femmes tant elle rendit difficile pour les hommes le droit à la polygamie et le droit de décider du divorce par décision unilatérale. Tout l’ordre familial hérité de siècles de traditions patriarcales fut mis en branle au profit d’une société nouvelle intégratrice de ses citoyennes.

En 1974, l'âge légal du mariage pour les femmes fut élevé à dix-huit ans et l'ensemble des secteurs d'activités professionnelles leur devint accessible aux mêmes conditions que celles imposées aux hommes. La vie politique fut également ouverte au début des années 1970 aux voix féminines avec vingt-deux femmes députées et deux sénateurs. Farroukh-Rou Parsa devint la première femme ministre en Iran.

Avec la Révolution islamique et l'avènement du nouveau régime théocratique, la loi de Protection de la Famille est abrogée et cette abrogation emporte avec elle les années de luttes qui permirent aux Iraniennes de s’affranchir de l’ordre patriarcal. L'âge légal du mariage est abaissé à neuf ans, la ségrégation est institutionnalisée dans toutes les instances de l'Etat. Les sociétés privées sont contraintes de limiter l'accès des femmes à certains postes et la valeur de leur existence est réduite pour ne valoir que la moitié de celle d’un homme.

Shirin Ebadi, lauréate en 2003 du Prix Nobel de la Paix pour son combat en faveur des femmes, des enfants et des prisonniers politiques, raconte dans son livre "Iranienne et libre" : "Ces lois inflexibles que je passerais le reste de ma vie à combattre étaient imprimées noir sur blanc : la vie d’une femme valait la moitié de celle d’un homme ; la déposition d’une femme au tribunal comme témoin d’un crime ne valait que la moitié du témoignage d’un homme ; une femme devait demander à son mari la permission de divorcer. Les rédacteurs du code pénal avaient manifestement consulté des conseillers juridiques du VIIème siècle. Ces lois nous faisaient revenir quatorze siècle en arrière, aux premiers jours de l’expansion de l’Islam, une époque où lapider une femme coupable d’adultère ou couper les mains d’un voleurs étaient des sanctions justes". Plus encore, l’Ayatollah Mohammad Yazdi répondant à une interview en septembre 1986 déclarait ainsi : "votre femme, qui est votre possession, est en fait votre esclave".

Ces propos démontrent combien la République islamique voit dans l’égalité entre hommes et femmes une profonde menace tant pour son existence et que pour l’ordre théocratique qu’elle fait régner. Représentant néanmoins près de la moitié de la population iranienne, les Iraniennes et la condition féminine sont rapidement devenues des enjeux de politique majeur que les dignitaires du régime n’ont pu ignorer.

Les années 1990 ont vu l’émergence en Iran d’un mouvement féministe aspirant à la reconquête des droits que les femmes s’étaient vues confisqués dix ans plus tôt. Percevant en elle une force sociétale désormais incontournable, la mouvance réformatrice du régime mit en avant, sur le fondement de ces revendications, une interprétation nouvelle des préceptes coraniques prétendant alors donner aux femmes iraniennes des droits nouveaux. Si la Présidence de 1997 à 2005 de Mohammad Khatami apparut comme une période au cours de laquelle davantage de libertés leur furent accordées, celles-ci furent en réalité des conquêtes reconnues et entérinées par la faction réformatrice qui s’était appuyée sur le vote des femmes pour parvenir au pouvoir.

La récompense de Shirin Ebadi constitua cependant une épreuve à laquelle le Président Khatami répondit par une réaction de nature à remettre en cause la réelle conviction des réformateurs pour les droits des femmes. "Le prix Nobel de la Paix n'est pas si important que ça, les prix décernés pour la science et la littérature le sont davantage" déclara M. Khatami qui, par ces propos, minimisa la prestigieuse distinction dont Mme Ebadi et des millions de femmes à travers l’Iran furent honorées, mais dénia également la réalité de leurs conditions.

De nombreux projets ont depuis agité la sphère politique de la République islamique. La campagne "Un millions de signatures" que de jeunes activités féministes ont engagé et la désobéissance civile qu’elles ont depuis longtemps initié a démontré leur capacité à faire bouger ces lignes que l’intransigeante République islamique a strictement définies.

A l'étranger, de nombreuses activistes iraniennes ont pu donner des conférences dans les plus grandes universités et centre de recherches pour alerter l'opinion publique mondiale sur les droits des femmes en Iran. Nombre d'Iraniennes ont développé leur talent d'écrivain ou d'artiste. Marjane Satrapi, Chadortt Djavann, Shirin Neshat, Vanecha Roudbaraki ou encore Nazanin Afshin-Jam sont toutes autant d'exemples de femmes iraniennes qui ont relayé à l'étranger le combat de leur compatriotes en Iran.

L’actuelle contestation qui a gagné toutes les couches de la société met aujourd'hui en lumière le nouvel ordre institutionnel dans lequel les Iraniens, femmes et hommes réunis, désirent vivre. Ayant fait des droits des femmes une lutte aux couleurs des revendications démocratiques et laïques, il est aujourd’hui certain que la lutte pour l’émancipation des femmes constitue le vecteur du projet démocratique iranien.

Source : Femme d'Iran


~*~*~

VIDEOS

Leïli Anvar Chenderoff, maître de conférence en littérature persanne, chroniqueuse au Monde des religions, nous parle de la révolution iranienne et de la place des femmes en Iran dans l'émission 7 jours sur la planète : http://www.youtube.com/watch?v=piTmMRgM-Xs

Vidéo hommage aux femmes d'Iran et leur révolte (quelques images sont un peu chocs) :


Traduction des paroles de la chanson :

Vous les femmes signifiez la vie

L'esclavage est terminé

Construire un monde nouveau est possible

Notre lutte le réalisera

Il y a de la liberté dans notre voix

Il y a de la sagesse dans notre voix

Il est possible d'avoir la liberté pour les femmes

Et notre mouvement construit les fondations pour cela




~*~*~


Conseil de lecture :

Jamais sans ma fille



3 août 1984... Dans l'avion qui l'emmène à Téhéran avec son mari, d'origine iranienne, et sa fille, pour quinze jours de vacances, Betty a le sentiment d'avoir commis une erreur irréparable... Quelques jours plus tard, son existence bascule dans le cauchemar. Le verdict tombe : "Tu ne quitteras jamais l'Iran ! Tu y resteras jusqu'à ta mort." En proie au pouvoir insondable du fanatisme religieux, son mari se transforme en geôlier. Elle n'a désormais qu'un objectif : rentrer chez elle, aux Etats-Unis, avec sa fille. Quitter ce pays déchiré par la guerre et les outrances archaïques : ce monde incohérent où la femme n'existe pas. Pour reconquérir sa liberté, Betty mènera deux ans de lutte incessante. Humiliations, séquestration, chantage, violences physiques et morales. Rien ne lui sera épargné.

Mon avis : Un livre qui présente la situation des femmes en Iran vu de l'intérieur. Captivant, touchant, horrifiant et instructif. A lire !


~*~*~


Conseil de film :


Persepolis



Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah.
Avec l'instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire.
Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère.
Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l'envoyer en Autriche pour la protéger.
A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l'adolescence, la liberté, les vertiges de l'amour mais aussi l'exil, la solitude et la différence.

Un film réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud.

Déconseillé aux moins de 10 ans.

Film français, sortie en 2007. D'après l'oeuvre de Marjane Satrapi.

A reçu notamment le prix du festival de Cannes.

Bande annonce (à voir !!) :



Mon avis : Un film engagé et drôle, mené de bout en bout de manière parfaite ! A VOIR ABSOLUMENT au moins une fois dans sa vie !!! Et regardez la bande-annonce, elle annonce très bien le ton !

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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Lun 7 Mar 2011 - 21:10

Nouvelle partie, consacrée à l'Inde. Encore une fois, je rappelle qu'il s'agit d'un assemblage d'informations qui m'ont semblé intéressantes dans le cadre du sujet et trouvées sur le net. Je ne suis en aucun l'auteure des textes présentées ci-dessous. Je veux juste en faire parler.


+ PARTIE 3 : LE CAS DE L'INDE +



"Pourquoi es-tu venue au monde, ma fille, quand un garçon je voulais ? Vas donc à la mer remplir ton seau : puisses-tu y tomber et t'y noyer", chanson populaire de l'Inde...

En effet, la naissance d'une fille en Inde est considérée comme une malédiction.



La condition des femmes en Inde a longtemps été considérée comme une des plus difficiles du monde. Entre les milliers de « dowry deaths » (femmes tuées parce que leur dot est insuffisante pour un mariage) et l'accession à la fonction de Premier Ministre d'Indira Gandhi pendant 16 ans, les possibilités peuvent sembler variées mais elles restent profondément marquées par une discrimination de genre dans ce pays ancrée dans des traditions moyenâgeuses. En 2006, une loi votée contre la violence faite sur les femmes (en particulier visant les dowry deaths) est seulement entrée en vigueur en octobre 2007. Le rapport de 2007 du forum économique mondial indiquant l’écart entre les sexes place l’Inde à la 114e place sur 128 pays étudiés (la Suède étant en première position et le Yemen en dernière position).

Citation :
En Inde, les droits des femmes restent malheureusement limités. Durant sa vie, la femme doit faire face à de nombreux obstacles. Voici les difficultés qu’une femme peut rencontrer durant son évolution, de sa naissance jusqu’à sa vie conjugale et maternelle


Dès la naissance, les bébés de sexe féminin ont moins de chances de vivre que les bébés de sexe masculin. En effet, l’amniocentèse, davantage pratiquée pour déterminer le sexe du fœtus que pour déceler des pathologies du bébé, favoriserait les avortements sélectifs : les estimations portent à 10 millions le nombre de filles qui ne sont pas nées dans ce pays. La raison de ces avortements est que les Indiens préfèrent avoir un garçon, car ce sont eux qui perpétuent le patronyme, s'occupent des parents lorsqu'ils sont vieux et, surtout, héritent des terres. En revanche, pour les Indiens, les filles n'apportent rien, bien au contraire, car il faut même payer leur dot à la famille de leur mari. Un vieux proverbe résume même cette situation : "Élever une fille, c'est comme arroser le jardin d'un voisin".


Dès leur plus jeune âge, les petites Indiennes se doivent au travail ou à la tenue de la maison familiale, l’éducation scolaire n’étant pas considérée comme une priorité. 28 millions de fillettes sont malheureusement privées de scolarité. La pauvreté et la discrimination sont les principales causes de ce phénomène. En étant privées d’école, ces fillettes ne pourront pas se cultiver, apprendre à raisonner par elles-mêmes, se former à un métier d’avenir pour pouvoir devenir autonomes et enfin ne plus dépendre ni du père ni du mari.


En Inde, 46% des femmes de 20 à 24 ans se sont mariées ou vivaient en concubinage avant l’âge de 18 ans. L’une des principales raisons est d’ordre économique. En Inde, où les ménages pauvres s’endettent pour verser une dot à la famille du mari, la somme est d’autant moins élevée que la fille est jeune. Une autre raison tient à l’espoir d’écarter les filles de possibles agressions sexuelles. Cette pratique devient un obstacle à quasiment tous les objectifs : éliminer la pauvreté et la faim, parvenir à l’éducation primaire universelle, promouvoir l’égalité des sexes, protéger la vie des enfants, améliorer la santé maternelle, combattre les épidémies et les maladies.


Enfin, en terme de santé, si le mariage précoce n’est pas une cause directe de mortalité, il reste l’un des facteurs aggravant les risques de mortalité maternelle et infantile, essentiellement à cause des grossesses prématurées, et les risques d'infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/Sida. Alors qu'en Inde les mariages arrangés sont la norme, ce manque de femmes a poussé de nombreuses familles à rechercher une épouse pour leur fils dans certains États montagneux et même à l'étranger (comme au Népal ou au Bangladesh), où un commerce matrimonial, parfois criminel (enlèvements), est apparu.


Il faut savoir que les jeunes filles une fois mariées peuvent subir des menaces, des violences… Elles sont parfois victimes du chantage de la belle famille qui souhaite recevoir plus d’argent. Sous prétexte que la dot n’est pas suffisante, les assassinats de femmes ne cesse d’augmenter depuis les années 1980. On estime que le nombre de femmes assassinées s’élève à 6 000 par an alors que la dot a été abrogée en 1955 ! C’est la raison pour laquelle le parlement indien a promulgué en août 2005 la Loi de Protection de la Femme contre la Violence Domestique qui protège non seulement la femme de la violence de son mari ou de ses fils, mais également de la belle famille avec laquelle elle cohabite.


De plus, la justice ne considérant pas les viols domestiques de la même manière que les viols extraconjugaux, les époux n'encourent aucune peine véritable. La traite des femmes et des jeunes filles est extrêmement prolifique vers les pays voisins, le Moyen-Orient, l'Europe de l'Est et de l'Ouest. Ainsi, le tourisme sexuel peut se développer et atteindre des proportions toujours plus inhumaines.


Enfin, les femmes indiennes n'ont, en tant qu'adulte, aucune garantie de jouir de leurs droits et de leur liberté au même titre que les hommes. Elles sont soumises à des lois sur le statut personnel fondées sur des règles religieuses qui renforcent l'inégalité par rapport aux hommes en matière de divorce, de droits sociaux de base et de droits successoraux.


(Par Léa Capuano et Mia Angelo : http://esterina.blog.mongenie.com/index.php?idblogp=356097 )



~*~*~



Begum Rokeya, au début du XXème siècle, est considérée comme l'une des pionnières dans le domaine du féminisme en Inde.




Indira Gandhi, en 1966, fut la première femme a être Première Ministre du pays.


Le féminisme en Inde a trouvé son essor à la fin des années 1970. Le déclencheur de ce mouvement fut le viol d'une jeune femme, Mathura, dans un poste de police et pour lequel les policiers incriminés furent acquittés. Les manifestations qui s'ensuivirent furent couvertes par les médias et ont contraint le gouvernement à apporter un amendement à différents textes de lois du pays. Un autre viol en 2006, dans une famille musulmane, celui d'Imrana, a été traité par la Justice en condamnant le beau-père coupable de l'acte, ce qui était une première dans le pays (dans un premier temps, la tradition demandait que la jeune femme soit mariée au beau-père, puisque l'acte scellait en quelque sorte leur alliance).

Le gouvernement de l'Inde a déclaré l'année 2001 Swashakti, « année de la restitution du pouvoir aux femmes ».


~*~*~

Des chiffres à retenir :


  • Le pourcentage d'analphabètes âgés de 15 à 24 ans (en 1990) était de 59,7% pour les femmes et 33,7% pour les hommes,

  • Le pourcentage d'analphabètes âgés de 25 ans et plus (en 1990) était de 80,6% pour les femmes et 50,2% pour les hommes.

  • 5 000 femmes indiennes sont tuées chaque année (12 à 14 femmes chaque jour) parce que leurs maris estiment leur dot insuffisante, meutres essentiellement déguisés en incendies de cuisine...

  • Les fillettes qui travaillent sont exposées à de multiples risques liés à l'emploi. En Inde, dans les fabriques d'allumettes, elles commencent souvent à travailler entre 5 et 7 ans, 10 à 12 heures par jour et 7 jours sur 7. Bon nombre d'entre elles sont victimes d'incendies accidentels et de produits chimiques dangereux.

  • En Inde, le décès d'une fillette sur six est imputable à la négligence et à la discrimination.

  • A titre d'exemple, une étude effectuée en Inde a révélé que 51 % des garçons étaient nourris au sein, contre seulement 30 % des filles.

  • Les statistiques sur la proportion des femmes faisant partie de la population active ne reflètent pas la participation réelle des femmes aux activités économiques dans les secteurs informels ou dans l'agriculture où l'on retrouve un grand nombre de femmes. Par exemple, en Inde, l'utilisation d'une définition plus large du terme "activité économique" a fait passer le pourcentage des femmes ayant une activité économique de 13 % à 88 %.

  • En Inde, 17 % des domestiques ont moins de 14 ans.

  • Chaque année, 200 femmes sont tuées pour avoir été soupçonnées de sorcellerie.


Merci au site suivant pour ces chiffres : http://www.fraternet.com/femmes/info12.htm


Plus d'informations sur le sujet : http://www.fraternet.com/femmes/art12.htm


~*~*~

Conseil de lecture

Quand les femmes auront disparu. L'élimination des filles en Inde et en Asie, Bénédicte Manier, La Découverte, 2006.



Présentation de l'éditeur

L'Asie compte aujourd'hui cent millions de femmes de moins que d'hommes: ces "femmes manquantes " sont des petites filles qui n'ont pas pu naître, ont été tuées à la naissance ou qu'on a laissé mourir en bas âge. En Inde, la dot nécessaire à leur mariage en fait un insupportable fardeau financier; dans ce pays, mais aussi en Chine et dans d'autres pays asiatiques, des préjugés ancestraux font de la naissance d'une fille un déshonneur. Depuis les années 1980, l'échographie et l'avortement sont donc utilisés à grande échelle pour éliminer les filles et constitue ce que l'on peut appeler un "foeticide". Dans le même temps, l'infanticide et les abandons sont loin d'avoir disparus. Fruit d'une longue enquête de terrain, ce livre rend compte de cette impressionnante réalité. Bénédicte Manier relate en particulier l'élimination organisée des petites filles et ses répercussions sur la société indienne: femmes poussées à avorter par leur mari, hommes qui ne trouvent plus d'épouses, trafics de fiancées, femmes "partagées" entre plusieurs hommes... Demain, l'Asie devra gérer une population de plusieurs dizaines de millions d'hommes célibataires. Jamais dans l'histoire n'était apparue une telle fracture démographique. Et dans la région la plus peuplée du monde, elle aura des conséquences sociales difficiles à imaginer...


Biographie de l'auteur

Bénédicte Manier est journaliste, spécialisée dans les droits sociaux, le développement et les transformations sociales. Elle a effectué de nombreux reportages de terrain dans plusieurs pays et se rend régulièrement en Inde. Elle est également l'auteur de Le travail des enfants dans le monde (La Découverte, 2003).



Achat sur Amazon : http://www.amazon.fr/Quand-femmes-auront-disparu-L%C3%A9limination/dp/270714911X
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Mar 29 Nov 2011 - 20:18

Bon, je suis un peu en retard, mais me voilà avec la partie 4, consacrée à la Chine (je voulais faire en sorte de célébrer la journée mondiale de violence contre les femmes).

+ PARTIE 4 : LE CAS DE LA CHINE +



S'il est de fait que les femmes en Chine ont pu accéder à un certain nombre de métiers réservés jusque-là aux hommes, il est indéniable que leur condition n'est guère enviable. Les Chinois restent en effet convaincus, pour l'ensemble, de la supériorité des hommes sur la femme, et que l'on soit à la campagne ou à la ville, ils préfèrent avoir un garçon plutôt qu'une fille.
Source

Citation :
Pas moins de 16 pays frontaliers dont l'Afghanistan, le Myanmar (ex Birmanie), le Pakistan, la Corée du Nord, pour ne citer que les plus controversés, entourent la République Populaire de Chine et témoignent, s'il le fallait, de l'importance géographique et stratégique hors du commun de ce véritable empire. Avec 22 provinces et 5 régions autonomes, plus que de l'entité d'une nation uni culturelle, c'est de la coexistence de plusieurs mondes hétérogènes rassemblés en un seul pays dont il est préférable d'appréhender l'existence. Et c'est autant de situations distinctes auxquelles les femmes chinoises doivent s'adapter en matière de droits et de conditions de vie.

Cette "moitié du ciel", que Mao Zedong leur avait "offert" dans un discours dithyrambique prononcé à la gloire du communisme et de l'égalité hommes/femmes n'est, aujourd'hui encore, qu'une illusion. Car, si en vertu des lois, les femmes chinoises jouissent des mêmes droits que les hommes dans les domaines de la politique, de la culture, de l'éducation, du travail, de la propriété mais aussi sur leur personne en matière de liberté, de santé, sur le plan du mariage et de la vie familiale, les mentalités n'ont certes pas vraiment évolué, la réalité restant assez éloignée de ce que promettent les textes.
Ainsi, malgré le fait que la Chine se soit gratifiée de l'adoption de plusieurs traités relatifs aux droits humains, en signant et ratifiant, entre autre au cours des 20 dernières années, la Convention contre la torture, la Convention internationale contre toute forme de discrimination raciale et religieuse, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la CEDEF - relative aux discriminations faites aux femmes - le pays est régulièrement interpellé par les ONG nationales et internationales des droits humains pour violation systématique de ces mêmes traités. Les cas de répressions, de tortures, de procès inéquitables, de restriction de la liberté d'information et de la presse, perpétrés par les autorités sont légion et mettent en réelle contradiction une préoccupation humaine de façade affichée au reste du monde avec la souffrance profonde d'un peuple ouvertement opprimé.

Les conditions de vie des chinoises - si elles semblent meilleures que dans les pays voisins de l'Asie - n'atteignent pas des sommets, loin s'en faut ! La politique sociale relative à la régulation des naissances a engendré des actes discriminatoires inconsidérés selon les régions et les provinces. Ainsi, comme il est de tradition en Chine, à l'instar de la plupart des pays côtoyant la pauvreté, la naissance d'un garçon est hautement préférable à celle d'une fille. Si cette discrimination, pouvant paraître inoffensive au premier abord, ne s'exprime que faiblement lors de la venue du premier enfant au sein d'un couple, l'autorisation accordée par le gouvernement pour l'obtention d'un deuxième enfant a des répercutions sociales dramatiques. En effet, la méthode aux ultrasons est alors largement pratiquée sur le fœtus afin de déterminer s'il s'agit d'un garçon ou d'une fille. Dans la majorité des cas, le diagnostic annonçant une fille entraîne simultanément une demande d'avortement des parents. Cette pratique est si courante que dans la province rurale de Liaoning, on compte trois fois plus de garçons que de filles nés en seconde couche, ratio jamais atteint dans n'importe quel pays du monde, l'équilibre y étant sensiblement maintenu.

S'il n'est pas possible d'avorter, certaines filles sont directement abandonnées dans la rue - certaines sont jetées dans les fleuves - les autres, qui atteignent un âge suffisant, finissent par être renvoyées du domicile familial et, une fois sur le trottoir, soumises à l'errance, elles sont souvent récupérées pour alimenter le marché de la prostitution. Prises en charge par un réseau savamment organisé, elles sont acheminées vers des pays aussi divers que la Malaisie, Taiwan, l'Australie, le Japon, les Etats-Unis et le Canada. Les plaques tournantes chinoises de l'industrie du sexe sont connues pour êtres Shanghai, Hong-Kong et Guangzhou. Le Tibet fait également l'objet d'un trafic de filles qui sont, pour la plupart, mariées de force à des paysans chinois ou introduites dans un réseau de prostitution. Le gouvernement condamne cette pratique mais ne parvient pas à l'éradiquer, faute de volonté constante et de moyens déployés.

La Chine demeure un pays antagoniste en ce qui concerne sa politique égalitaire entre hommes et femmes. Professionnellement parlant, les femmes ont beaucoup de possibilités pour accéder à des postes importants aux seins des administrations, des entreprises, du parti central. Cependant, lorsque l'opportunité se présente, la pression de la tradition, accentuée par celle du mari - qui veut quelqu'un à la maison pour s'occuper de lui et de ses enfants - font que, dans la plupart des cas, la femme refuse la promotion sociale qui lui est proposée. En outre, pour peu qu'une entreprise se retrouve en difficulté, les femmes sont les premières à en subir les conséquences : diminution des salaires - déjà inférieurs à ceux des hommes pour un travail et une compétence identique - pression pour les obliger à démissionner, violences multiples d'intimidation, etc.

La violence dont elles sont l'objet n'est pas uniquement réservée au domaine professionnel. La vie privée apporte son lot d'agressions auxquelles les Chinoises sont habituées. Car pour la majorité d'entre elles, mieux vaut s'habituer et ne pas trop faire de vagues. En effet, aucune loi ne les protège de la violence domestique. Excepté quelques amendements relatifs au mariage et spécifiant que la femme mariée ne doit faire l'objet d'aucun abus, rien n'est vraiment clair en ce domaine au sein du système judiciaire. Ainsi, en dépit d'une certaine prise de conscience de l'existence de cette violence, il n'y a aucun refuge pour femmes battues qui a été créé dans les provinces les plus concernées.
Et, pour finir de noircir le tableau, ces femmes, vivant aussi bien en ville que dans les campagnes, doivent gérer une pression telle - la moindre contrariété peut se transformer en mini tragédie familiale - qu'un nombre considérable d'entre elles se suicident à l'aide de pesticides dans un geste de désespoir. Les chiffres sont alarmants : un demi millier par jour !

La discrimination peut se répandre et opérer partout dans le pays, à différents niveaux sociaux et économiques, selon les spécificités régionales. Le peuple chinois est privé de liberté, de ses droits humains fondamentaux.
Les femmes, elles, ont un poids supplémentaire considérable sur leurs épaules : celui de devoir porter "la moitié de l'enfer", cet enfer imposé par les dirigeants et les traditions ancestrales inhumaines… alors que le ciel tout entier leur appartient.

Source : http://www.fraternet.com/femmes/art6.htm


  • Plus de 100 millions de femmes sont encore illettrées à ce jour. Il faut savoir que les femmes constituent la main d'œuvre principale pour le travail des champs et de l'agriculture.

  • Plus de 70% des ouvriers agricoles sont des femmes.

  • Les femmes constituent entre 21 et 36% des professions juridiques, médicales et en comptabilité.

  • La politique de régulation des naissances impose aux chinois d'êtres mariés pour avoir le droit de faire un premier enfant. L'âge minimum pour lequel un mariage peut être accordé est 20 ans pour la femme, 22 ans pour l'homme.

  • Dans la province de Liaoning, le ratio entre garçons et filles nés en seconde couche est de 306/100. Selon une étude effectuée par les démographes, il y aurait donc 100 millions d'hommes de plus que de femmes dans cette province. Dans les autres provinces le rapport est en moyenne de 115/100.

  • Le gouvernement et les organisations des partis comptent approximativement 12 millions de femmes pour 61 millions de membres. Les femmes constituent 22% des membres du Congrès National du Peuple. 2 des 29 postes ministériels sont tenus par des femmes.

  • Une enquête effectuée en 2000 par la Fédération de toutes les Femmes chinoises révèle que la violence domestique apparaît dans 30% des ménages. Dans 80% des cas, les actes d'abus et de maltraitance qui sont perpétrés par les époux sur leur femme.

  • Selon des experts, il y aurait entre 4 et 10 millions de travailleurs du sexe dans la totalité du pays. Dans la seule ville de Pékin, il y aurait près de 200 000 prostituées. Certains estiment ce chiffre en dessous de la réalité.

  • Selon une étude mondiale, quelques 56% des suicides féminins de la planète ont lieu en Chine.

  • 70% des 23 millions de personnes qui pourraient perdre leur travail, suite aux mesures de restructuration des entreprises prises par le gouvernement, seraient des femmes.

  • Les femmes perçoivent un salaire de 70 à 80% inférieur à celui des hommes pour un travail et une qualification identique.

  • Le taux analphabétisation est de 25% pour les femmes et 10% pour les hommes.

  • La première Assemblée Nationale Populaire, en 1954, comptait 2978 députés dont 147 femmes. Depuis 1998, la neuvième ANP en accueille 649. La proportion de chinoises dans les hautes sphères du gouvernement est de 6%, ce qui représente quasiment la moyenne mondiale. Le parti communiste chinois compte 7 millions d'adhérentes, soit 14% des effectifs totaux.

  • Le nombre d'enfants abandonnés chaque année est d'environ 1,7 million. L'écrasante majorité de ces enfants sont des filles.

  • La peine de mort est maintenue


Source : http://www.fraternet.com/femmes/info6.htm


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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Mar 29 Nov 2011 - 20:19

Un article intéressant sur le cas de l'Asie en général :


Citation :
L'Asie manque de femmes

Dans nombre de pays asiatiques, les inégalités de sexe prennent une tournure dramatique et portent même atteinte à l’équilibre démographique. Sans intervention humaine, les femmes y seraient plus nombreuses de quatre-vingt-dix millions – l’équivalent d’une fois et demie la France. Ces pays ne verraient pas forcément leur population augmenter, mais les hommes n’y seraient plus en écrasante majorité. Avortement sélectif, maltraitance des femmes, politique de l’enfant unique en Chine, pressions pour un contrôle des naissances partout ailleurs ont mené à cette situation inédite dans le monde. Les raisons en sont à la fois politiques, économiques, sociales, culturelles et religieuses… mais souvent fort éloignées des idées toutes faites. Ainsi, par exemple, les familles les plus riches ne sont pas les moins sélectives.

par Isabelle Attané, juillet 2006

« Quel genre de femme je souhaite ?, s’étonne un jeune Chinois d’une trentaine d’années. Peu importe ! Il est tellement difficile de trouver une femme aujourd’hui. J’en veux une, c’est tout ! » Dans nombre de pays d’Asie, trouver une conjointe n’est pas si simple.

On estime que, chaque année à partir de 2010, plus d’un million de Chinois resteront des candidats bredouilles au mariage, faute de femmes. Dans certains villages de l’Etat indien du Pendjab (au nord), par exemple, des hommes partent en quête d’une épouse dans d’autres Etats du pays, comme le Rajasthan ou l’Orissa, du fait de la pénurie de femmes à marier.

L’Inde et la Chine, qui représentent à elles seules plus du tiers de la population mondiale (37 %), partagent en effet une caractéristique pour le moins atypique : un déficit de femmes. Cette anomalie démographique est cependant loin d’attirer l’attention qu’elle mérite, et le premier cri d’alarme, lancé en 1990 par Amartya Sen, économiste indien devenu prix Nobel d’économie en 1998, est demeuré sans écho : « Plus de cent millions de femmes manquent aujourd’hui (1) » dans le monde, l’immense majorité en Chine et en Inde.

Dans une population donnée, quand hommes et femmes sont traités sur un pied d’égalité et si les femmes n’ont pas une propension à migrer plus forte que celle des hommes, elles sont naturellement majoritaires. Si l’Asie se pliait à cette règle générale en enregistrant une légère prépondérance féminine, elle compterait quelque quatre-vingt-dix millions de femmes supplémentaires, une fois et demie la population de la France.

La Chine, qui, il y a encore trente ans, s’imposait comme l’un des fleurons du communisme mondial, fervent défenseur de l’égalité des sexes, est désormais l’un des pays où les discriminations envers les femmes, sur un plan démographique, sont les plus aiguës. Revers de la libéralisation économique et sociale dans ce pays, les rapports de pouvoir traditionnels, structurellement défavorables aux femmes, resurgissent. L’Inde, grande puissance économique émergente – actuellement au septième rang des puissances industrielles mondiales –, discrimine, elle aussi, ses femmes.

Avec ces deux géants, sont également touchés le Pakistan, le Bangladesh, Taïwan, la Corée du Sud et, dans une moindre mesure, l’Indonésie – pays qui, à eux seuls, regroupent trois des six milliards et demi d’habitants de la planète. Elimination des filles par les avortements sélectifs, traitements inégaux des enfants selon qu’il s’agit d’une fille ou d’un garçon, statut social secondaire et mauvaises conditions sanitaires à l’origine d’une surmortalité féminine dans l’enfance et à l’âge adulte représentent autant de particularités qui concourent à ce déficit.

La structure sexuée d’une population dépend de la proportion de chaque sexe à la naissance, d’une part, et de la fréquence des décès des hommes et des femmes à chaque âge de la vie, d’autre part. En temps ordinaire, c’est-à-dire lorsque aucune forme d’intervention humaine ne vient perturber l’effet de ces données, on observe une proportion de garçons à la naissance légèrement supérieure à celle des filles et une surmortalité des hommes à chaque âge de la vie, laquelle vient compenser de manière naturelle l’excédent de garçons à la naissance. Or, dans nombre de pays asiatiques, l’une ou l’autre de ces lois – voire, parfois, l’une et l’autre – sont contrecarrées par des pratiques sociales. Il naît donc moins de femmes qu’il ne faudrait, et il en meurt plus qu’il ne devrait, d’où des proportions accrues d’hommes.

Sur la planète, la norme biologique – environ 105 naissances de garçons pour 100 filles – s’applique avec une régularité remarquable. Et les écarts demeurent faibles : le niveau le plus bas est observé au Rwanda, où il naît 101 garçons pour 100 filles, et le plus élevé, hors pays asiatiques, au Surinam – 108 garçons.

Dans plusieurs pays d’Asie, la réalité est tout autre. Si l’influence des facteurs biologiques, génétiques et environnementaux, habituellement avancée pour expliquer les écarts entre pays, n’est bien sûr pas à exclure, elle ne suffit en aucun cas à expliquer l’évolution observée depuis vingt à vingt-cinq ans. En Chine, en Inde, en Corée du Sud et à Taïwan, garçons et filles naissaient dans des proportions normales au début des années 1980. Mais depuis, avec la baisse de la fécondité, la préférence traditionnelle pour les fils s’exacerbe et vient supplanter les lois biologiques, rompant ainsi l’équilibre naturel.

Désormais, les progrès technologiques permettent d’intervenir sur le sexe de sa descendance : au bout de quelques mois de grossesse, la future mère passe une échographie ou une amniocentèse. Si c’est un garçon, on peut rentrer chez soi et attendre patiemment l’heureux événement. Mais en cas de fille, c’est le dilemme : si on la garde, aura-t-on une nouvelle occasion d’avoir un fils ? Et, le cas échéant, sera-t-on en mesure de faire face à l’escalade des coûts d’entretien des enfants ? Bien souvent, plutôt que de devoir renoncer à un fils, on prend la décision de se débarrasser de la fillette indésirable, et la femme avorte. Ainsi, en Chine, l’excédent de garçons à la naissance est de 12 % au-dessus du niveau normal ; en Inde, de 6 %. En Corée du Sud, après le paroxysme du milieu de la décennie 1990 (115 garçons pour 100 filles), la situation s’améliore, avec 108 garçons en 2004.

Depuis peu, ce phénomène se propage à d’autres parties du continent. Ainsi, une province vietnamienne sur deux enregistre plus de 110 naissances de garçons pour 100 filles. Dans les pays du Caucase (Azerbaïdjan, Géorgie, Arménie), cette proportion s’est brutalement accrue, à partir du milieu des années 1990, pour atteindre des niveaux comparables à certaines régions de Chine et d’Inde (voir « Déséquilibres démographiques »). Pourtant, l’équilibre demeure dans les pays voisins que sont la Russie, l’Ukraine, l’Iran ou la Turquie.

En Indonésie, la proportion de garçons parmi les enfants âgés de moins de 1 an, encore normale en 1990, est passée à 106,3 dix ans plus tard. Une masculinisation rampante qui se manifeste par l’apparition d’un déficit de femmes auquel, outre une émigration féminine massive, notamment vers l’Arabie saoudite, le déséquilibre des sexes à la naissance commence à contribuer (2).

Des facteurs complexes concourent à privilégier les hommes et à malmener les femmes. Mais les sociétés asiatiques qui s’illustrent par un déficit de naissances féminines ont en commun une forte préférence pour les fils, exacerbée par la baisse récente du nombre d’enfants. En Chine, sous le coup de la politique autoritaire de contrôle des naissances (3), le nombre moyen d’enfants par femme est tombé de plus de 5 au début des années 1970 à moins de 2. En Inde, il est en passe de tomber sous la barre des 3 enfants, contre encore près de 5 il y a vingt ans. En Corée du Sud et à Taïwan, les femmes font désormais 1,2 enfant en moyenne, une fécondité parmi les plus faibles au monde. Alors, que faire quand on ne veut – ou ne peut, comme en Chine – avoir qu’un nombre très limité d’enfants, et qu’on souhaite à tout prix un fils ? Un seul choix : empêcher dans la mesure du possible la naissance d’une fille ou, quand elle survient, tout faire pour qu’elle ne prive pas ses parents de la possibilité d’avoir un fils.

En Inde, depuis les années 1960, le gouvernement prône le modèle de la famille restreinte. Ainsi, la norme communautaire idéale qui est, comme presque partout dans le monde, un garçon et une fille – « Il faut un garçon et une fille pour que la paire soit complète », disent les Chinois – est de plus en plus facilement acceptée. Mais en réalité, bien souvent, les couples désirent un garçon, voire plusieurs, et une fille au maximum.



« Cultiver le champ d’un autre »

Au Bangladesh et au Pakistan, où les femmes font encore deux à trois fois plus d’enfants qu’en Chine, à Taïwan ou en Corée du Sud, la sélection sur le sexe en amont de la naissance est peu répandue. Mais les discriminations des filles et des femmes n’en sont pas moins importantes. Avec l’Inde, ces deux nations figurent parmi les rares pays au monde où l’espérance de vie féminine est équivalente, voire inférieure, à celle des hommes, alors que les lois naturelles avantagent les femmes (voir « Inégalités face à la mort »).

Négliger ses filles, les faire passer après ses fils quand il s’agit de les nourrir, de les soigner, de les vacciner sont des pratiques fréquentes et souvent fatales, d’où de fortes inégalités des sexes devant la mort, en particulier dans l’enfance. La mortalité infanto-juvénile, entre la naissance et le cinquième anniversaire, est normalement plus forte chez les garçons que chez les filles. En Inde, elle est, pour les filles, de 7 % plus élevée que pour celle des garçons ; au Pakistan, de 5 % ; au Bangladesh, de 3 %. A titre de comparaison, dans les pays musulmans que sont la Tunisie, l’Egypte ou la Mauritanie, qui ont des niveaux de développement humain (4) comparables, la mortalité des garçons avant 5 ans excède celle des filles de quelques points de pourcentage, en accord avec la norme communément observée. L’anomalie atteint son paroxysme en Chine, où la mortalité infanto-juvénile des filles est supérieure de 28 % à celle des garçons.

Les avortements sélectifs selon le sexe et les négligences dans le traitement des petites filles, à l’origine de leur surmortalité, sont responsables de la plus grande partie du déficit, les autres formes de discrimination (notamment l’infanticide féminin) ne jouant plus qu’un rôle mineur. Ces pratiques découlent directement du statut inférieur des femmes dans ces sociétés : système patriarcal, familles patrilinéaires, socialisation encourageant la soumission à leur mari et à leur belle-famille, mariages arrangés... Il faut un fils pour maintenir la famille, perpétuer son nom et en assurer la reproduction sociale et biologique.

En Chine, à Taïwan, en Corée du Sud, l’absence d’héritier mâle signifie l’extinction de la lignée familiale et du culte des ancêtres. Dans la religion hindouiste, elle condamne les parents à l’errance éternelle, car c’est le fils qui, traditionnellement, est chargé des rites funéraires à leur décès. En Inde comme en Chine, une fille n’est, chez ses parents, que de passage. A son mariage, elle partira pour se dévouer à sa belle-famille et, dès lors, ne devra plus rien à ses propres parents. Dans les campagnes chinoises, on sait qu’il faut « élever un fils pour préparer sa vieillesse », puisqu’on ne touchera jamais de pension de retraite. « Elever une fille », dit un dicton chinois, c’est « cultiver le champ d’un autre » ; pour les Indiens, c’est « arroser le jardin de son voisin ».

Les pratiques discriminatoires ne concernent cependant pas l’ensemble des couples indépendamment de leur statut social, économique ou religieux. En Inde, par exemple, le recours à la sélection prénatale touche plus massivement les classes les plus favorisées économiquement et les plus instruites. Curieusement, l’autonomie acquise par la mère se révèle également être un facteur déterminant, les femmes les plus autonomes recourant plus souvent aux avortements sélectifs que les autres. Constat similaire pour la Chine, où les femmes les plus jeunes et les mieux éduquées, notamment en ville, pratiquent plus systématiquement ces méthodes de sélection prénatale.

Cela ne signifie pas que le reste de la population épargne ses filles. Au contraire. En Chine comme en Inde, la préservation du patrimoine économique familial ou de ses moyens de production – en l’occurrence, le plus souvent, la terre – influence largement la décision de privilégier un fils. Ainsi, le système d’attribution des terres cultivables mis en place en Chine lors de la décollectivisation agraire des années 1980 (5), qui s’ajoute à un système d’héritage régi par des règles patrilinéaires, incite nombre de paysans à préférer un fils. En Inde, l’inflation récente du montant de la dot, qui fait peser une menace de plus en plus lourde sur l’équilibre économique des familles, constitue l’une des principales incitations à éliminer une fille. Y compris dans les milieux nantis, avoir une fille est souvent vu comme un mauvais coup du sort. A son mariage, il faudra céder une partie de la fortune familiale à la belle-famille, en guise de dot, tandis que le mariage d’un fils implique une rentrée d’argent importante : « Vous avez trois filles, vous êtes ruiné ; trois garçons, vous êtes sauvé ! »

L’appartenance religieuse, qui influence la propension des couples à préférer un fils à une fille, joue de ce fait un rôle déterminant dans le recours aux avortements sélectifs. La Corée du Sud, qui compte 47 % de bouddhistes, 37 % de protestants et 14 % de catholiques, est un exemple intéressant. En effet, le bouddhisme, plus compatible avec les valeurs confucéennes, très favorables aux fils, que le catholicisme et le protestantisme, mais aussi plus tolérant vis-à-vis de l’avortement, serait un facteur aggravant des discriminations par le biais de la sélection prénatale. En Inde, alors que musulmans et chrétiens discriminent peu leurs filles, avec un rapport de masculinité dans l’enfance conforme à la norme, hindous, et plus encore sikhs et jaïns, sont en revanche plus enclins à pratiquer des avortements sélectifs.

A l’échelle des pays concernés, l’enjeu démographique se révèle considérable. La conséquence la plus immédiate se mesurera dès le milieu de la prochaine décennie, lorsque les cohortes déficitaires en filles atteindront l’âge de se marier, hypothéquant ainsi, pour quantité de jeunes hommes, la possibilité de trouver une épouse.

En Chine, le déséquilibre des sexes sur le marché matrimonial sera de plus en plus aigu à partir de 2010, avec un excédent d’hommes qui pourrait atteindre les 20 % vers 2030, où environ 1,6 million d’hommes pourraient se trouver chaque année dans l’impossibilité de se marier. Dans un premier temps, le marché matrimonial se régulera de lui-même. Les prétendants au mariage devront d’abord se tourner vers des partenaires de plus en plus jeunes, avant de puiser dans deux réservoirs jusqu’ici peu convoités : celui des veuves, si tant est que le tabou sur leur remariage finisse par tomber, et surtout dans celui, de plus en plus fourni, des divorcées. Les candidats devront de toute façon se montrer plus patients avant de trouver une épouse, et seront donc globalement plus âgés à leur mariage.

A moins brève échéance, le célibat des hommes deviendra forcé, ceux-ci étant en outre contraints de renoncer à une descendance, d’où une rupture de leur lignée familiale dont la continuation est pourtant, à l’heure actuelle, l’un des principaux facteurs de préférence pour les fils.

Pour répondre à cette demande croissante d’épouses, en particulier en Chine, des réseaux transnationaux s’organisent. A la frontière sino-vietnamienne, par exemple, la migration des femmes à des fins de mariage est en pleine expansion. Plusieurs facteurs l’expliquent. Le premier est lié au déficit aigu de femmes dans les provinces méridionales. Le second est économique, résultant de l’inflation des dépenses inhérentes au mariage depuis l’avènement des réformes économiques dans les années 1980. Pour certaines familles chinoises pauvres, acheter une épouse serait désormais le seul moyen de trouver, à moindres frais, une femme pour leur fils. En outre, cette demande répond aux stratégies économiques élaborées par les migrantes vietnamiennes qui placent dans leur mariage avec un Chinois l’espoir d’une vie meilleure.

Ces migrations de mariage sont également en forte augmentation en direction de Taïwan, où près de 8 % des mariages célébrés en 2000 impliquaient une épouse vietnamienne et un Taïwanais. Depuis le milieu des années 1990, le Vietnam aurait ainsi fourni une épouse à quelque cent mille Taïwanais, désireux pour la plupart de contracter une union stable avec une femme respectueuse de leurs valeurs traditionnelles communes, et moins à même de revendiquer son autonomie qu’une Taïwanaise.

En Chine, des trafics d’épouses se développent. Les acheteurs sont en général des paysans pauvres et peu éduqués, pour lesquels faire appel à des trafiquants reste plus aisé et moins onéreux que de fonder régulièrement un foyer. Laxisme et corruption dans les régions « acheteuses » encouragent le trafic. Dans certains villages, les services d’enregistrement des mariages s’autorisent à simplifier les procédures, ce qui permet aux acheteurs d’obtenir, en payant, un certificat attestant leur mariage avec l’épouse achetée et une inscription en bonne et due forme sur les registres de l’état civil. Ainsi, une jeune Chinoise retrouvée par la police après avoir été enlevée puis vendue exigea, à sa libération, de retourner dans sa famille. Mais celui qui était à la fois le mari et l’acquéreur protesta, certificat de mariage à l’appui : « Oui, ma femme, je l’ai achetée, mais nous sommes époux devant la loi ! »

La raréfaction des femmes permettra-t-elle à terme d’améliorer leur condition ? A l’heure actuelle, rien ne l’indique. En Chine et en Inde, notamment, on assiste à une marchandisation des femmes, qui, par endroits, finissent par ne représenter qu’un bien de consommation comme un autre. Loin d’augmenter leur valeur symbolique, et donc les égards dont elles sont susceptibles d’être l’objet, la modernisation économique et le phénomène des « femmes manquantes » tendent au contraire à accentuer leur chosification. C’est le cas en Inde, notamment à travers le système de la dot. C’est aussi le cas en Chine, où, avec les réformes, la valeur marchande de la femme augmente, sans qu’elle soit pour autant, notamment dans les campagnes, l’objet de davantage de considération.

Etre plus rare n’implique donc pas forcément de devenir plus précieux. C’est ce qu’illustre remarquablement le film du cinéaste indien Manish Jha Matrubhoomi, un monde sans femmes (2005). L’histoire se déroule dans une région rurale de l’Inde où, depuis des années, la population féminine est décimée par l’infanticide. Un homme, Ramcharan, essaie désespérément de marier ses cinq fils. Non loin de là, un paysan pauvre cache son bien le plus précieux : Kalki, sa fille de 16 ans, d’une grande beauté. Informé par un de ses amis de l’existence de cette jeune fille, Ramcharan achète Kalki à prix d’or, officiellement pour la destiner à l’aîné de ses fils. Mais, une fois la noce célébrée, la jeune fille est livrée aux désirs des cinq frères et de leur père. Plus tard, elle sera enchaînée dans une étable, abandonnée à la concupiscence des hommes du village, et finira par mettre au monde... une fille ! Fantastique plus que visionnaire, ce film montre néanmoins certaines dérives possibles d’une société privée de sa portion féminine.

Des lois antidiscrimination

Les autorités des pays concernés, conscientes de la gravité de la situation, tentent d’apporter des réponses politiques. En Inde, le Prenatal Diagnosis Techniques Act (« loi sur les techniques de diagnostic prénatal ») interdit depuis 1994 de dévoiler aux parents le sexe de leur futur enfant. Bien que prévoyant des peines d’emprisonnement et des amendes, il continue d’être violé impunément. En Chine, diverses lois datant des années 1990 interdisent tout mauvais traitement ou toute discrimination à l’encontre des filles, de même que la sélection prénatale du sexe.

Mais, la corruption aidant, les avortements sélectifs restent un service largement proposé. La campagne « Plus de considération pour les filles », lancée en Chine en 2001, cherche à promouvoir l’idée d’égalité des sexes, notamment dans les manuels scolaires, et à améliorer les conditions de vie des familles n’ayant que des filles. Ainsi, dans certaines régions, les couples concernés bénéficient par exemple d’un fonds de soutien et sont exemptés d’impôts agricoles et de frais de scolarité pour leurs filles, jusqu’à ce qu’elles soient en âge de se marier. Par ailleurs, le gouvernement chinois a mis en place un programme visant à faire retomber le rapport de masculinité des naissances à un niveau normal d’ici à 2010.

Cependant, les lois ne suffisent pas. Dans ces sociétés, les valeurs patriarcales sont si profondément ancrées dans les mentalités que les femmes, continuent à préférer avoir un fils, même si certaines d’entres elles reconnaissent que les filles restent plus attachées à leur mère que les fils, et qu’elles sont plus attentives à leurs parents lorsque ceux-ci vieillissent. Aussi peut-on craindre qu’il ne faille plusieurs générations avant que, l’amélioration du statut de la femme aidant, les couples ne finissent par devenir indifférents au sexe de leurs enfants.

Demeure toutefois un espoir, celui que les différentes lois et mesures mises en œuvre parviennent, à l’instar de la Corée du Sud, à inverser rapidement la tendance. En effet, les jeunes couples étant moins enclins que leurs aînés à prôner les valeurs patriarcales et à reproduire les comportements sexistes traditionnels, le rapport de masculinité des naissances y retrouve progressivement, depuis le milieu des années 1990, des niveaux plus normaux.

L’avenir de ces générations féminines reste à écrire. Si le déficit de femmes poursuit sa course actuelle, se creusant de plusieurs millions chaque décennie, il aura de lourdes répercussions. Car qui dit moins de femmes dit à terme moins d’enfants, donc mathématiquement moins de filles, donc moins de femmes dans les générations futures, donc décélération rapide de la croissance démographique dans ces pays aujourd’hui les plus peuplés du monde.

Alors, on ne sera plus loin de la fiction imaginée par Amin Maalouf dans Le premier siècle après Béatrice (6) : « Si demain les hommes et les femmes pouvaient, par un moyen simple, décider du sexe de leurs enfants, certains peuples ne choisiraient que des garçons. Ils cesseraient donc de se reproduire et, à terme, disparaîtraient. Aujourd’hui tare sociale, le culte du mâle deviendrait alors suicide collectif. » On assisterait alors à l’« autogénocide des populations misogynes ».


Isabelle Attané

Démographe et sinologue, chargée de recherches à l’Institut national d’études démographiques (INED), Paris, auteure notamment d’Une Chine sans femmes ?, Perrin, Paris, 2005.
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Dim 10 Mar 2013 - 20:59

Nouvelle partie ^^

+ PARTIE 5 : L'ARABIE SAOUDITE +


En quelques points :

  • En Arabie saoudite, la charia régit le droit. La peine de mort est en vigueur pour le viol et le meurtre. Mais un homme ne peut être condamné à mort pour le meurtre de son enfant ou de son épouse, il peut être seulement punit d'une peine de 5 à 12 ans d'emprisonnement en général.

  • En Arabie saoudite, les femmes ont besoin de l'accord de leur tuteur légal pour accomplir la plupart des démarches de la vie quotidienne, faire des études ou travailler.

  • Elles n'ont pas le droit de conduire. Alors que les transports en commun sont très peu développés en Arabie-Saoudite. Ce qui a donné lieu à une protestation l'an dernier, où pendant une journée, elles ont organisé leur propre révolte en prenant toutes le volant. Prendre le volant est puni de 10 coups de fouet. Participer à cette révolte a coûté très cher aux femmes qui se sont fait prendre : leur nom, le nom de leur mari et leur adresse a été publié dans un tract distribué à tous, avec encouragements à ce qu'elles soient tuées.

    A noter que c'est le SEUL pays au monde où les femmes ne sont pas autorisées à prendre le volant.

  • Si elles doivent voyager à l'étranger, les femmes doivent être accompagnées d'un proche parent ou d'un bracelet électronique.

  • La mixité est interdite sur les lieux de travail et à l'école.

  • Les femmes jouissent cependant d'un bon accès à l'éducation. Plus de la moitié des étudiants dans les universités sont des femmes (56,6 % en 2011).

  • En revanche, selon une étude menée en 2010 par le cabinet de conseil en stratégie Booz & Company, les femmes représentaient près 60 % de l'ensemble des diplômés de l'université, mais moins de 15 % de la main-d'œuvre du pays.


Sources de l'information : http://mobile.lemonde.fr/international/article/2012/03/27/arabie-saoudite-la-cause-des-femmes-enjeu-majeur-de-politique-etrangere_1675389_3210.html et http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/arabie-saoudite-le-pere-de-lama-130286

=> Si le sujet vous intéresse, je vous recommande la lecture de cette interview de Amélie Le Renard, sociologue chargée de recherche au CNRS.


Une vidéo très instructive sur leur mode de vie. Celles qui témoignent rapportent notamment comment s'est déroulée la journée de révolte pour le permis de conduire :




ACTUALITE

  • [Novembre 2012] Les femmes saoudiennes : tracées électroniquement


En Novembre 2012 a été mis en place un système de pistage électronique des femmes saoudiennes. Ainsi, si elles quittent le Royaume, leur mari, père, frère ou tuteur est immédiatement prévenu par SMS.

Article : http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/monde/arabie-saoudite-les-femmes-tracees-electroniquement-21-11-2012-1915123.php

Citation :
Arabie Saoudite. Les femmes tracées électroniquement
21 novembre 2012

Privées du droit de conduire (et gommées des catalogues Ikea), les Saoudiennes sont désormais soumises à une nouvelle mesure de contrôle avec un système électronique mis en place par les autorités avertissant leur famille dès qu'elles quittent le royaume.

Depuis la semaine dernière, le "gardien" de la femme saoudienne - père, époux, frère ou tuteur - reçoit sur son téléphone un message SMS l'informant que la femme placée sous sa garde légale a franchi les frontières du royaume, même si elle voyage en sa compagnie.

C'est la militante Manal al-Chérif, icône de la campagne pour obtenir le droit des femmes à conduire qui a relayé l'information sur Twitter, après avoir été alertée par un couple. L'époux, qui voyageait pourtant en compagnie de sa femme, a reçu un message par SMS des services de l'émigration, l'informant que son épouse "a quitté l'aéroport international de Ryad".

La femme saoudienne maintenue dans un "état d'esclavage"

"Les autorités ont recours à la technologie pour surveiller les femmes", déplore la romancière et éditorialiste Badriya al-Bichr, dénonçant "l'état d'esclavage dans lequel est maintenue la femme saoudienne". Les femmes n'ont pas le droit de quitter le royaume sans une autorisation de leur "gardien", qui peut être son propre fils pour une veuve ou une divorcée, et doivent produire à l'aéroport ou aux frontières du royaume une "feuille jaune" signée par ce dernier servant d'autorisation de voyager. Cette nouvelle décision a été violemment dénoncée sur Twitter, rare bulle de liberté dans le royaume.

"Qu'ils nous passent les menottes, tant qu'ils y sont", affirme une femme. "Il ne reste plus qu'à équiper nos femmes d'une puce électronique, pour qu'on puisse suivre tous leurs déplacements !", ironise un homme.

"C'est la technologie au service d'une mentalité arriérée. Ils veulent garder les femmes prisonnières", estime e son côté Badriya al-Bichr, qui a dénoncé dans ses romans l'état de servitude des Saoudiennes, estimant que "le gouvernement ferait mieux de s'occuper des femmes soumises à la violence familiale".

Elles pourront tout de même voter aux municipales en 2015

Le royaume applique une interprétation rigoriste de l'islam et il s'agit du seul pays au monde où les femmes n'ont pas le droit de conduire. Des militantes avaient lancé en juin 2011 une campagne pour braver cette interdiction, et avaient adressé une pétition au roi, mais sans obtenir gain de cause.

Le roi Abdallah, un prudent réformateur, a accordé le droit de vote aux femmes à partir des prochaines élections municipales en 2015 et allégé la pression de la terrible police religieuse, qui traque les femmes qui ne sont pas dûment voilées ou les couples non mariés.

"Traitées comme des mineures toute leur vie"

Pour la militante libérale Souad Al-Chammari, c'est "l'establishment religieux" qui fait pression pour maintenir les restrictions sur les femmes, "traitées comme des mineures toute leur vie, même si elles occupent des postes élevés". Elle estime "qu'il ne peut y avoir de véritables réformes en Arabie saoudite sans changer le statut de la femme et lui accorder l'égalité avec les hommes". Outre les restrictions sur leurs déplacements, les femmes sont obligées de sortir voilées, qu'elles soient Saoudiennes ou étrangères.

L'interdiction de la mixité rend en outre difficile l'accès des femmes à plusieurs métiers et cette situation fait que le taux de chômage dépasse les 30% parmi les Saoudiennes selon une étude officielle, alors que le royaume fait appel à quelque huit millions de travailleurs étrangers.

En octobre, la presse locale avait rapporté une directive du ministère de la Justice selon laquelle les avocates seraient autorisées à plaider devant les tribunaux dès le mois de novembre. Dans cette directive, le ministère demandait aux tribunaux de permettre aux avocates, détentrices d'un diplôme en droit et ayant effectué un stage de trois ans dans un cabinet de droit, de plaider devant eux, mais cette annonce est restée lettre morte.

AFP

  • [2012] Un prédicateur saoudien libéré après avoir torturé, violé et tué sa propre fille


C'était une personne apparemment célèbre en Arabie Saoudite, car il intervenait régulièrement à la TV ("les mauvaises actions sont faites par des personnes habitées par le diable", pour citer le discours que j'ai entendu en extrait tout à l'heure). Ce prédicateur prônait notamment le port du voile intégral pour les nourrissons de sexe féminin, comme le prédicateur islamiste Abdullah Daoud qui avait déclaré, l'année dernière à la télévision saoudienne que le voile intégral devrait être obligatoire pour tous les nouveaux nés de sexe féminin, car, selon eux, cela empêcherait les agressions sexuelles et les viols sur les bébés.

Mais voilà, il a torturé, violé et tué sa propre fille, car, selon ses dires en guise de défense, il la soupçonnait, à l'âge de CINQ ANS, d'avoir eu des relations sexuelles.

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/arabie-saoudite-le-pere-de-lama-130286

Citation :


Il a torturé, violé et brûlé Lama, sa fille de cinq ans… Et pourtant, Fayhan al-Ghamdi, un célèbre prédicateur musulman de la télévision saoudienne, a été libéré de prison. L’homme avait fait subir pendant des semaines de nombreux sévices à sa fille. Cette dernière avait été hospitalisée pendant cinq mois en soins intensifs avant de mourir en octobre des suites de ses blessures.

Malgré l’horreur du crime, le père de Lama a recouvré la liberté après avoir payé 200 000 rials (40 000 euros) à son épouse pour se racheter. Un montant inférieur de moitié à celui qu’il aurait dû débourser si la victime avait été un petit garçon. Selon le quotidien britannique « The Independent », le juge en charge de l’affaire a considéré que « le prix du sang et le temps que l’accusé a passé en prison (quelques mois, ndlr) depuis le décès de Lama sont une punition suffisante ». En Arabie saoudite, un père ne peut pas être condamné à mort pour le meurtre de son enfant, ni celui de son épouse.

Les Saoudiens en colère

L’affaire a suscité une vague d’indignation en Arabie Saoudite. Manal al-Sharif, militante pour les droits des femmes et plusieurs blogueuses ont alerté les médias par communiqués de presse et via le hashtag #AnaLama (Je suis Lama) sur les réseaux sociaux. En outre, une pétition a été lancée sur le site de la Maison Blanche exigeant que tout lien entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite soit suspendu tant qu’un vrai procès n’aura pas eu lieu.

Notons que cette affaire a fait un véritable tollé à l'échelle mondiale !

Citation :
Cette mansuétude a déclenché un "tollé" mondial, notamment sur les réseaux sociaux. Une pétition demandant de rompre toutes relations avec l’Arabie saoudite est même apparue sur le site de la Maison Blanche.

Par ailleurs sur Twitter le scandale a explosé par l'intermédiaire d'une militante Manal al-Sharif, qui a été porte-drapeau du combat pour le droit des Saoudiennes à conduire en 2011. Elle a lancé la mobilisation #AnaLama (Je suis Lama) sur les réseaux sociaux arabophones et alerté tous les médias occidentaux par communiqué de presse, avec deux autres bloggeuses.

  • [Octobre 2012] Ikea s'excuse d'avoir gommé les femmes en Arabie saoudite


Dans son catalogue destiné à l'Aarabie Saoudite, Ikea avait fait le choix de gommer la présence visuelle de toute femme.

http://www.liberation.fr/monde/2012/10/01/ikea-s-excuse-d-avoir-gomme-les-femmes-en-arabie-saoudite_850171

Citation :
Ikea s'excuse d'avoir gommé les femmes en Arabie saoudite

Le fabriquant de meubles suédois avait fait disparaître les femmes de son catalogue saoudien.

Le géant suédois du meuble Ikea s’est excusé lundi soir d’avoir effacé les femmes de son catalogue en Arabie saoudite et a annoncé qu’il allait revoir ses routines de travail.

«Inter IKEA Systems (qui détient la célèbre marque) regrette ce qui s’est passé et comprend que les gens soient bouleversés», a indiqué le groupe dans un communiqué de presse. «Nous allons naturellement revoir nos routines et nos procédures de travail pour s’assurer que cela ne se reproduise plus», a-t-il ajouté.

L'édition suédoise du quotidien gratuit Metro a publié lundi matin des photos du catalogue saoudien, le même que dans les autres pays à un détail près: la remarquable absence des femmes.

L’affaire a choqué en Suède, pays épris d'égalité entre les sexes.

«Cela ne se fait pas de supprimer ni d’effacer les femmes de la réalité. Si l’Arabie saoudite n’autorise pas aux femmes d'être vues, entendues ou de travailler, elle se passe de la moitié de son capital intellectuel», a affirmé dans un communiqué la ministre au Commerce extérieur Ewa Björling.

« Carrément moyenâgeux ! », s’est exclamée sur le site internet Twitter la ministre des Affaires européennes Birgitta Ohlsson.

« Ce n’est pas notre franchisé saoudien qui a réclamé que les photos évoquées soient retouchées. L’erreur s’est produite pendant le processus de travail avant la présentation du projet de catalogue IKEA pour l’Arabie Saoudite. Nous prenons l’entière responsabilité pour les erreurs commises », relève le communiqué.

Interrogée par l’AFP lundi dans la journée, une porte-parole d’Inter Ikea Systems, Ulrika Englesson Sandman, a souligné que le groupe quand il entrait sur un nouveau marché devait toujours trouver un bon équilibre entre ses propres valeurs et la culture et la législation locales, qui peuvent être différentes.

Selon le communiqué, certaines images auraient « tout à fait pu être incluses dans le catalogue saoudien ».

Ikea a trois magasins en Arabie saoudite, et dit avoir connu une croissance annuelle «à deux chiffres» ces cinq dernières années.

L’Arabie saoudite applique une ségrégation stricte entre hommes et femmes. Ces dernières ont peu de droits, étant interdites de conduire ou de sortir sans leur voile.

(AFP)


  • [Janvier 2013] Une avancée significative : 30 femmes saoudiennes entrent au Conseil du Roi


Elles représentent ainsi désormais 20 % des membres députés de ce Conseil.

http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/11/01003-20130111ARTFIG00604-arabie-saoudite-des-femmes-entrent-au-conseil-du-roi.php


Citation :
Arabie saoudite : des femmes entrent au Conseil du roi


Crédits photo : JOSEPH EID/AFP

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a nommé trente femmes au Conseil consultatif, une avancée symbolique.


Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a nommé vendredi trente Saoudiennes au Conseil consultatif, une première dans le royaume ultraconservateur.

Les femmes choisies pour cette instance, dont deux princesses, sont en majorité des universitaires ou des militantes de la société civile. Figure notamment parmi elles Thuraya Obaïd, qui a été secrétaire générale adjointe aux Nations unies.

Les impétrantes devront toutefois siéger dans une section réservée, et entrer par une porte réservée. Il ne s'agit pas d'une surprise, le roi ayant annoncé son intention il y a deux ans. La présence de femmes au conseil n'est pas non plus une nouveauté. L'institution comptait jusqu'ici douze «conseillères» cantonnées, il est vrai, aux domaines «féminins» tels que la famille ou les enfants.

Les trente «députées» représentent 20% des 150 membres, une proportion que le roi Abdallah souhaite maintenir. Le monarque nomme tous les membres et peut renouveler le Conseil consultatif tous les quatre ans. L'annonce a généralement été bien accueillie par les militantes de la cause des femmes. «Bien sûr, ce n'est pas la parité totale que nous demandions», dit au Figaro l'une des activistes les plus connues, l'historienne Hatoon al-Fassi. «Mais 20%, c'est un bon début.»

Devenir un véritable Parlement

Hatoon al-Fassi souhaite pourtant, à l'instar de nombreux intellectuels saoudiens, que le Conseil consultatif se transforme en véritable Parlement, élu au suffrage universel; mais elle estime toutefois que dans l'état actuel de la société, le roi se montre sur ce point plus libéral que ses sujets: «Aujourd'hui, aucune élection ne porterait 30 femmes à l'Assemblée.» C'est tout le paradoxe d'un roi absolu qui donne des avantages aux femmes sans pour autant libérer les hommes.

Les femmes pourront également participer pour la première fois en 2015 aux élections municipales partielles, le seul scrutin existant dans le royaume. Des élections symboliques, dans la mesure où seule la moitié des conseillers municipaux est élue. La nomination par le roi de femmes au Conseil consultatif peut tenir lieu de diversion pour éviter des élections parlementaires, comme au Koweït voisin, émirat en marche vers une monarchie constitutionnelle. Cette arrivée des femmes au Conseil peut d'ailleurs paraître tenir en elle-même du grand écart. Comme leurs collègues hommes, elles pourront proposer des lois, poser des questions aux ministres, et examiner certains budgets.

Les femmes n'ont toujours pas le droit de conduire

Mais dans la vie quotidienne, les «députées» serons toujours des êtres humains de seconde catégorie, devant demander l'autorisation de leur «gardien» mâle -mari, père ou fils- pour sortir du pays. Elle seront toujours soumises au bon vouloir de juges masculins qui interprètent la loi islamique, la plupart du temps en faveur des hommes.

Et elles n'auront toujours pas le droit de conduire, du moins dans les villes, les Saoudiennes prenant tous les jours le volant dans les campagnes. Une autre militante, Aziza al-Youssef, résumait ainsi récemment l'incohérence du système: «Je pourrai être nommée au Conseil consultatif, mais je ne pourrai pas m'y rendre en voiture.»


  • [FEVRIER 2013] CULTURE : SORTIE D'UN FILM POUR LA PREMIERE FOIS PAR UNE REALISATRICE SAOUDIENNE


Citation :

Une phrase suffit généralement à rendre le film de Haifaa Al-Mansour irrésistible en Occident : "C'est le premier long-métrage réalisé par une femme en Arabie saoudite." Si, par extraordinaire, votre interlocuteur ne réagit pas, il convient de préciser que c'est "l'histoire d'une petite fille qui s'est mis en tête de faire du vélo dans un pays où les femmes n'ont pas le droit de sortir seules dans la rue". A partir de ces quelques mots, Wadjda a été financé sur scénario - "le vrai coup de coeur", explique la production française, allemande et saoudienne -, il a fait le tour des festivals européens - dont Venise - et sort sur 80 écrans mercredi 6 février, score enviable pour une réalisatrice encore inconnue.

Lire la suite : http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/05/en-arabie-saoudite-la-premiere-femme-qui_1827396_3246.html
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Mer 24 Juil 2013 - 20:23

Une histoire très parlante en ce moment, le cas de Nada, 11 ans, au Yémen. Pour rappel, voilà ce que j'avais posté sur le cas du Yémen :

Spoiler:
 



Et voilà ce qui arrive en ce moment. Je tiens à saluer le courage et l'intelligence de cette petite, elle s'exprime avec une éloquence impressionnante :


Citation :
Yémen : Nada, 11 ans, lance un appel pour refuser un mariage forcé

Le mariage forcé auquel a dû faire face la toute jeune Nada n’est pas unique. Mais elle est une des rares à avoir osé quitter sa famille si jeune pour l’éviter. Dans un récit émouvant de son histoire, Nada, témoigne pour tous les enfants victimes de mariages forcés.


Impossible de passer à côté du témoignage de cette petite fille originaire du Yémen. Nada al-Ahdal raconte comment elle s’est échappée de chez ses parents pour fuir un mariage forcé. C’est son oncle, Abdel Salam al-Ahdal qui l’a recueillie et qui filme la fillette, issue d’une famille modeste composée de huit frères et sœurs.

Dorénavant Nada, 11 ans, vivra avec son oncle et sa grand-mère pour échapper à ses parents. L’oncle explique : « Quand j’ai entendu parler du futur marié, j’ai paniqué. Nada n’avait même pas encore 11 ans (…) Je ne pouvais pas la laisser se marier et voir son futur détruit, et particulièrement parce que sa tante a été forcée à se marier à 13 ans et s’est immolée par le feu ensuite ».


En colère contre ses parents, la petite fille décide de quitter la maison pour aller porter plainte contre sa mère. Pleine de détermination, elle demande dans la vidéo de son témoignage : « Je n’aurais eu aucune vie, aucune éducation. N’ont-ils vraiment aucune compassion ? Ils ont menacé de me tuer si je partais chez mon oncle. Quel genre de personne peut menacer son enfant comme ça ? ». Et si la petite fille, qui semble déjà si mature, a eu la chance de pouvoir échapper à son destin, elle sait que ce n’est pas le cas de tous les enfants victimes de mariages forcés. « Certains enfants ont décidé de se jeter dans la mer. Ils sont morts maintenant. Ce n’est pas normal pour des enfants innocents » s’insurge-t-elle. « Allez-y, mariez-moi et je me tuerai » lance-t-elle à ses parents en guise de conclusion.

Le mariage forcé dans le monde

Pour mémoire, c’est chaque année 10 millions d’adolescentes et de fillettes qui ont à faire face à une situation de mariage forcé, les plus jeunes ont 8 ans. Au Yémen, c’est un quart des jeunes filles qui sont mariées avant quinze ans. Ce qui préoccupe le plus les organisations internationales vis-à-vis du mariage forcé c’est le risque d’abus domestiques mais aussi l’éloignement à l’éducation. La jeune pakistanaise Malala Yousafzai, défenseure de l’accès à l’éducation pour tous les enfants du monde avait d’ailleurs fait du mariage forcé le débat de la première « Journée Internationale de la fille » en octobre 2012.



http://www.aufeminin.com/news-societe/yemen-nada-11-ans-lance-un-appel-pour-refuser-un-mariage-force-video-s85986.html
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MessageSujet: Re: La situation des femmes à travers le monde   Sam 27 Juil 2013 - 16:46

C'est une jolie histoire en effet.

Espérons que les choses finissent par changer, ce n'est pas normal qu'on vive dans un monde où les parents poussent leurs enfants au suicide!

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